Exutoire pour les uns, compétition pour les autres, le Groupement Autonome de Basket-ball (GAB) permet aux passionnés comme aux moins chevronnés de pratiquer leur sport favori sans grande contrainte. Regard sur une association de Basket-ball encore méconnue du grand public qui, en parallèle à la Ligue officielle (ACGBA) à Genève, perdure depuis 53 ans déjà.
L'histoire du GAB débute en 1951, sous l'impulsion d'Henri Rochat, un passionné de la balle orange. D'abord, un tournoi annuel, il a pris par la suite la forme d'un championnat, car les dirigeants ont rapidement dû faire face à la montée croissante du nombre d'équipes. D'où la nécessité de créer une ligue, beaucoup moins formaliste que sa cousine l'ACGBA, mais tout autant respectable. Mues par un désir commun de faire vibrer le basket dans la cité de Calvin, les deux ligues ont disputé des matchs au sein d'un championnat appelé à juste titre "la Spéciale". Pendant longtemps, cette formule a permis aux deux ligues de pratiquer leur basket ensemble. Elle a largement contribué à élever le niveau de jeu du GAB. Avec les décennies, le Groupement Autonome de Basket-ball a tissé sa toile au sein des adeptes du basket genevois, et s'impose aujourd'hui comme une vraie alternative à la Ligue officielle.
Le GAB, qui, quoi, comment ? Les équipes sont principalement des corporations (Migros, Procter & Gamble, pompiers de l'aéroport, etc.), mais aussi des associations d'étudiants, des clubs, voire tout simplement des groupes d'amis. A l'entame de cette saison 2004-2005, le GAB regroupe 52 équipes et plus de 700 licenciés. De 15 à 79 ans, les joueurs évoluent au sein du championnat qui compte 4 niveaux différents (série A, B, C, D). Retenons que la série A, la plus compétitive, équivaut au niveau du'une 2ème ligue en ACGBA. Au championnat s'ajoutent trois autres compétitions annuelles qui viennent pimenter la saison, à savoir le Challenge, la Coupe et le traditionnel tournoi du GAB qui a lieu chaque printemps.
Mais en quoi les amateurs et autres férus de basket y trouvent-ils leur compte ? Les matchs sont disputé uniquement sur Genève en semaine, dès 19h, dans toutes les écoles et gymnases du Canton. Le GAB se veut différent également pour plusieurs raisons : la licence ne coûte que 20 francs, et les joueurs peuvent choisir un maillot frappé d'un numéro allant de 4 à 99. En outre, c'est la première ligue sportive genevoise qui autorise la création d'équipes mixtes dans un sport collectif, alors Mesdemoiselles, à vos baskets... ! S'agissant des règles appliquées lors des rencontres, elles sont similaires à celles de la FIBA, à quelques exceptions près. En effet, la durée officielle d'un match est de 2 fois 20 minutes sans arrêt de jeu, uniquement lors des temps morts. Une équipe peut aussi commencer un match en n'alignant que 4 joueurs sur le terrain au lieu de 5. En revanche, il n'y a pas de prolongations prévues si le score final est à égalité, sauf lorsqu'il s'agit d'un match de barrage. Quant aux arbitres, ils ont été formés au sein du GAB pour la plupart. Certains d'entre eux ont d'abord effectué leurs classes en ACGBA, avant de venir officier au GAB.
En bref, le GAB peut se targuer d'être une ligue moins contraignante, mais tout autant sportive et compétitive. L'arrivée de nouvelles équipes de jeunes, chaque année, confirme le succès de cette formule qui représente, en fin de compte, une bonne complémentarité à la Ligue officielle, l'ACGBA. Car, si le GAB ne mise pas sur la formation des jeunes, il n'empêche qu'il continue d'entretenir des valeurs indispensables au sport, telles que le plaisir, la compétition, le charme, la classe et le respect, toutes réunies dans une dose de sueur et de bonne humeur.
A bon entendeur !
(Article de Thierry Bovey, dans COURANTS, le journal des étudiant(e-s) de l'Université de Genève, novembre-décembre 2004) |